Aimé Césaire : le monde vient de perdre un grand homme

Aimé CésaireLe monde vient de perdre un « GRAND » homme qui a contribué à faire reconnaître les principes d’un véritable humanisme au travers de son action pour restaurer la dignité d’un peuple. Son combat n’était pas un combat partiel et partial. C’était un combat pour tous les opprimés et pour  un universalisme du « vivre ensemble ».

 Rendons lui simplement hommage en racontant sa vie :  

Aimé Fernand David CESAIRE est un poète et homme politique français majeur qui a notamment développé le concept de “négritude”. Le grand-père d’Aimé CESAIRE était le premier enseignant noir en Martinique et sa grand-mère, contrairement à beaucoup de femmes de sa génération, savait lire et à écrire et apprit ces dons très tôt à ses petits-enfants. En 1931, Aimé CESAIRE arrive à Paris pour poursuivre ses études. Il est en classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand où, dès le premier jour, il rencontre Léopold Sédar Senghor, avec qui il noue une amitié fondatrice. Avec ce dernier, il fonde en 1934, le journal «  L’étudiant noir » qui va servir à populariser la notion de “négritude”. Ce concept vise à rejeter d’une part le projet français d’assimilation culturelle et à promouvoir l’Afrique et sa culture, dévalorisées par le racisme issu de l’idéologie colonialiste. Construit contre l’idéologie coloniale française de l’époque, la notion de négritude forgée par Aimé CESAIRE se définit comme un humanisme à destination de tous ceux qui sont dominés sur la planète. Ce qui fera d’ailleurs dire à Aimé CESAIRE : « Je suis de la race de ceux qu’on opprime ».

 

En 1935, Aimé CESAIRE rentre à l’ENS et commencé à rédiger son Cahier d’un retour au pays natal, qu’il Aimé Césaireachève en 1938. Parallèlement, il rédige son mémoire d’étude intitulé “Le Thème du Sud dans la littérature négro-américaine des USA”. En 1937, Aimé CESAIRE, désormais agrégé de Lettres, épouse Suzanne ROUSSI et rentre en Martinique pour y enseigner. Là, en réaction à la domination culturelle et littéraire des “blancs” (Békés), le couple Césaire, épaulé par d’autres intellectuels martiniquais comme René Ménil et Aristide Maugée, fonde en 1941
la Revue Tropiques qui sera victime de la censure du régime de Vichy à de nombreuses reprises.

C’est au lendemain de la seconde guerre mondiale, qu’Aimé CESAIRE fait son entrée en politique. Coopté par les communistes, il devient maire de Fort-de-France dès 1945 et entre à l’Assemblée Nationale. Au Parlement, il s’investit avec force pour la départementalisation de la Martinique. Cette revendication, peu comprise par la Gauche, doit permettre selon CESAIRE de lutter contre l’emprise béké sur la politique martiniquaise, son clientélisme, sa corruption et le conservatisme structurel qui s’y attache. Dès son premier discours dans l’hémicycle, il place la République française devant ses responsabilités : «  Entre désintégration et intégration, il y a de la place pour l’invention. Nous sommes condamnés à inventer ensemble ou à sombrer, et pas forcément pavillon haut », s’exclame-t-il. Une semaine plus tard, les départements d’Outre-mer naissent officiellement et CESAIRE prend déjà sa place dans l’Histoire. A Fort-de-France, Aimé CESAIRE s’attache à améliorer la situation sociale et culturelle des Martiniquais. Il créé ainsi le Service Municipal d’Action Culturelle (SERMAC), qui à travers des ateliers d’arts populaires (danse, artisanat, musique) et le prestigieux Festival de Fort-de-France, met en avant des parts jusqu’alors méprisées de la culture martiniquaise. En 1948 paraît l’”Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache” préfacée par Jean-Paul Sartre qui consacre le mouvement de la “négritude”.

Aimé CésaireAvec le Discours contre le colonialisme en 1950, Aimé CESAIRE dénonce l’oppression exercée par l’Occident sur le Tiers-Monde. Il appelle au réveil des identités culturelles, au principe de dignité humaine et à la responsabilité historique des peuples.

Les événements survenus en Hongrie en 1956 achèvent d’officialiser le divorce entre Aimé CESAIRE et le Parti communiste. Le poète fonde alors le Parti progressiste martiniquais (PPM), avec lequel il va revendiquer l’autonomie de la Martinique. Siégeant a l’Assemblée Nationale comme non inscrit de 1958 à 1978, puis comme socialiste de 1978 à 1993, Aimé CESAIRE quitte son poste de maire de Fort-de-France en 2001.

Le fondateur du concept de “négritude” s’est éteint, le 17 avril 2008, en Martinique.

Ses principales œuvres sont les suivantes :Aimé Césaire

Cahier d’un retour au pays natal, Paris, Présence africaine, (1939 ; 1960) * Les Armes miraculeuses (1946 ; Paris, Gallimard, 1970) * Soleil cou coupé (1947 ; Paris, Editions K., 1948) * Corps perdu (gravures de Picasso), Paris, Editions Fragrance, (1950) * Ferrements, Paris, Seuil, (1960 ; 1991) * Cadastre, Paris, Seuil, (1961) * Moi, laminaire, Paris, Seuil, (1982) * La Poésie, Paris, Seuil, (1994) * Et les chiens se taisaient, Paris, Présence Africaine, 1958 ; 1997 * La Tragédie du roi Christophe, Paris, Présence Africaine, (1963 ; 1993) * Une saison au Congo, Paris, Seuil, (1966, 2001) * Une tempête, d’après ’La Tempête de William Shakespeare : adaptation pour un théâtre nègre), Paris, Seuil, (1969 ; 1997) * Esclavage et colonisation, Paris, Presses Universitaires de France, 1948. Réédition : Victor Schœlcher et l’abolition de l’esclavage, Lectoure, Editions Le Capucin, 2004. * Discours sur le colonialisme, Paris, Présence Africaine, 1955. * Discours sur la négritude, (1950) * Toussaint Louverture, La révolution Française et le problème colonial, Paris, Présence Africaine, (1962)

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