Mai 68 – Mai 2008 : étrange anniversaire

27 mai 2008


Du vendredi 30 mai au dimanche 1er juin, la salle Gérard Philippe offre un retour sur les évènement de mai 68. L’occasion de mettre en perspective ces évènements face à notre époque.

Mai 68 à la salle Gérard PhilippeEtrange anniversaire pour mai 68 : alors que les lycéens et les enseignants manifestent dans la rue pour empêcher les massives suppressions de postes planifiées par le président Sarkozy et son gouvernement, la société célèbre et se souvient de la révolte des étudiants qui a bouleversé la France moraliste de cette fin des années soixante.

Alors que nous avons à la tête de l’Etat un président qui voulait liquider mai 68 et qui souhaitait “réhabiliter” le travail, la famille – on n’ose pas dire la suite – et la conception d’un Etat fort, nous nous retrouvons avec un président corporatiste qui défend un clan en le soutenant financièrement avec un paquet fiscal de plus de 15 milliards d’euros. Nous nous retrouvons avec un président idéologiste qui conforte son camp avec la destruction programmée des 35 heures. Et finalement, nous nous retrouvons avec un président dépassé par les problèmes, ridiculisé par sa majorité parlementaire, snobé par son premier ministre et discrédité aux yeux d’une majorité des Français.

Certes, ma génération n’a pas connue cette révolte. Mais s’il y a bien une chose que l’on peut retenir de cette période, c’est que l’ordre établi n’est jamais figé pour l’éternité. Tout ce que met en place l’homme, l’homme peut le défaire. Voilà le pourquoi de mes engagements, voilà le pourquoi de mes convictions.

Mai 68 et mai 2008 peuvent paraitre contradictoires mais le contexte de chacune de ces deux époques est différent. La France a changé, les français ont changé et chaque période se voit intégrée à son temps et à ses acteurs.

Tout comme mai 68 a pu se réaliser, d’autres soubresauts pourront avoir lieu. Ne l’oublions pas et … espérons-le.

Youssef ZEGGANE


Salle Gérard Philippe – Vendredi 30 mai :

19h / accueil
20h / ciné-courts métrages (Wonder 68 / Sorcières camarades / Un printemps val-de-marnais pas comme les autres)
21h / Débat (avec Henri Rey et Claudine Le Pallec-Marand)

Salle Gérard Philippe – Samedi 31 mai

16h / Ciné : L’an 01 (film de Jacques Boillon)

Salle Gérard Philippe – Dimanche 1er juin

14h / Ciné : La salamandre (film d’Alain Tanner)


Commémoration de l’abolition de l’esclavage : un débat passionnant et passionné

14 mai 2008


Hier soir, mardi 13 mai, s’est tenue, à la salle Gérard Phillipe, la projection de Little Sénégal de Rachid Bouchareb suivi d’un débat. Un débat passionnant et passionné.

Première chose, je suis satisfait en tant qu’élu municipal qu’un tel débat se fasse dans notre ville. Deuxième chose, je suis ravi que l’initiative des élus socialistes de Bonneuil d’attribuer à un lieu symbolique de Bonneuil le nom d’Aimé Césaire ait été reprise par le maire. En effet, dès le décès de ce grand homme, les socialistes de Bonneuil ont proposé cette initiative pour rendre hommage au poète et à l’humaniste qu’était Aimé Césaire. D’ailleurs, le président du groupe des élus socialistes l’avait rappelé dans la tribune municipale du mois de mai  2008.

“Little Sénégal” est émouvant, touchant, humaniste. Cette histoire déborde de sentiments sincères, reflète une réalité de la vie quotidienne que beaucoup ont vécu et nous met parfois face à des vérités simples. Alloune, qui part à la recherche de la descendance des esclaves de son village, en est le personnage principal. Cette quête de la descendance l’amènera de son village des côtes de Dakar jusqu’à New York. Alloune est imposant, présent et son regard traduit cette recherche de l’histoire, cette perpétuelle interrogation. C’est un merveilleux film de Rachid Bouchareb.

Le débat a été précédé par l’intervention de l’adjoint au maire en charge des cultures, monsieur Akli Mellouli, rappelant la mémoire et l’histoire qu’il ne faut pas confondre.  La soirée s’est poursuivie avec les participations de Jean Metellus, poète et écrivain, monsieur Cissoko Pape Bakary, philosophe ainsi que monsieur Abossolo, acteur, qui nous a fait partager la lecture d’extraits du Code noir.

Au-delà du départ précipité de monsieur Metellus qui estime avoir été coupé dans son propos, le débat a été passionnant et passionné. Le “vivre ensemble” a dominé les échanges avec des propos et des points de vues sur les chaînes invisibles qui perdurent, sur l’éducation qui est essentielle et sur la finalité philosophique de ce vivre ensemble.

Remercions ici l’adjoint au maire en charge des cultures, monsieur Mellouli, ainsi que Patricia Poujol, directrice du service municipal d’actions culturelles et l’ensemble du personnel de la salle Gérard Philippe qui ont permis cette soirée passionnante.

Youssef ZEGGANE


Bonneuil commémore le 63ème anniversaire de la libération des camps nazis

25 avril 2008


1945 : les camps ont été libérés progressivement. Réalisées au fur et à mesure de la progression des armées alliés, les libérations ont été le plus souvent fortuites. Pour la majorité des soldats concernés, la découverte du système concentrationnaire était une révélation.

Libération des camps nazisLe premier camp libéré, Maidanek, le fut par les soldats soviétiques, le 24 juillet 1944. Les troupes américaines libérèrent le Struthof le 23 novembre 1944. L’essentiel des libérations s’est effectué en avril et mai 1945. Du fait de l’évacuation forcée des camps par les SS, les Alliés trouvèrent souvent des sites quasi désertés, des rues jonchées de cadavres et peuplées de squelettes vivants. Toutes les images de ces camps ont été prises au moment de leur libération ; ce qu’elles montrent est donc indissociable des conditions dans lesquelles ces camps ont été libérés.

A nos générations de faire perdurer et vivre le souvenir de ces millions de victimes.

Dans notre ville, à Bonneuil-sur-Marne, le Conseil municipal convient chacune et chacun à la cérémonie du 63ème anniversaire de la libération des camps de déportation. Pour ne pas oublier, pour rendre hommage à toutes les victimes des camps.

Le rassemblement commencera à 11 h 15 devant la mairie de Bonneuil et le cortège se rendra à la stèle des martyrs de la résistance, avenue Auguste Gross.

Soyons nombreux à nous souvenir, soyons nombreux à ne pas oublier.


Youssef ZEGGANE.


Aimé Césaire : le monde vient de perdre un grand homme

18 avril 2008

Aimé CésaireLe monde vient de perdre un « GRAND » homme qui a contribué à faire reconnaître les principes d’un véritable humanisme au travers de son action pour restaurer la dignité d’un peuple. Son combat n’était pas un combat partiel et partial. C’était un combat pour tous les opprimés et pour  un universalisme du « vivre ensemble ».

 Rendons lui simplement hommage en racontant sa vie :  

Aimé Fernand David CESAIRE est un poète et homme politique français majeur qui a notamment développé le concept de “négritude”. Le grand-père d’Aimé CESAIRE était le premier enseignant noir en Martinique et sa grand-mère, contrairement à beaucoup de femmes de sa génération, savait lire et à écrire et apprit ces dons très tôt à ses petits-enfants. En 1931, Aimé CESAIRE arrive à Paris pour poursuivre ses études. Il est en classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand où, dès le premier jour, il rencontre Léopold Sédar Senghor, avec qui il noue une amitié fondatrice. Avec ce dernier, il fonde en 1934, le journal «  L’étudiant noir » qui va servir à populariser la notion de “négritude”. Ce concept vise à rejeter d’une part le projet français d’assimilation culturelle et à promouvoir l’Afrique et sa culture, dévalorisées par le racisme issu de l’idéologie colonialiste. Construit contre l’idéologie coloniale française de l’époque, la notion de négritude forgée par Aimé CESAIRE se définit comme un humanisme à destination de tous ceux qui sont dominés sur la planète. Ce qui fera d’ailleurs dire à Aimé CESAIRE : « Je suis de la race de ceux qu’on opprime ».

 

En 1935, Aimé CESAIRE rentre à l’ENS et commencé à rédiger son Cahier d’un retour au pays natal, qu’il Aimé Césaireachève en 1938. Parallèlement, il rédige son mémoire d’étude intitulé “Le Thème du Sud dans la littérature négro-américaine des USA”. En 1937, Aimé CESAIRE, désormais agrégé de Lettres, épouse Suzanne ROUSSI et rentre en Martinique pour y enseigner. Là, en réaction à la domination culturelle et littéraire des “blancs” (Békés), le couple Césaire, épaulé par d’autres intellectuels martiniquais comme René Ménil et Aristide Maugée, fonde en 1941
la Revue Tropiques qui sera victime de la censure du régime de Vichy à de nombreuses reprises.

C’est au lendemain de la seconde guerre mondiale, qu’Aimé CESAIRE fait son entrée en politique. Coopté par les communistes, il devient maire de Fort-de-France dès 1945 et entre à l’Assemblée Nationale. Au Parlement, il s’investit avec force pour la départementalisation de la Martinique. Cette revendication, peu comprise par la Gauche, doit permettre selon CESAIRE de lutter contre l’emprise béké sur la politique martiniquaise, son clientélisme, sa corruption et le conservatisme structurel qui s’y attache. Dès son premier discours dans l’hémicycle, il place la République française devant ses responsabilités : «  Entre désintégration et intégration, il y a de la place pour l’invention. Nous sommes condamnés à inventer ensemble ou à sombrer, et pas forcément pavillon haut », s’exclame-t-il. Une semaine plus tard, les départements d’Outre-mer naissent officiellement et CESAIRE prend déjà sa place dans l’Histoire. A Fort-de-France, Aimé CESAIRE s’attache à améliorer la situation sociale et culturelle des Martiniquais. Il créé ainsi le Service Municipal d’Action Culturelle (SERMAC), qui à travers des ateliers d’arts populaires (danse, artisanat, musique) et le prestigieux Festival de Fort-de-France, met en avant des parts jusqu’alors méprisées de la culture martiniquaise. En 1948 paraît l’”Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache” préfacée par Jean-Paul Sartre qui consacre le mouvement de la “négritude”.

Aimé CésaireAvec le Discours contre le colonialisme en 1950, Aimé CESAIRE dénonce l’oppression exercée par l’Occident sur le Tiers-Monde. Il appelle au réveil des identités culturelles, au principe de dignité humaine et à la responsabilité historique des peuples.

Les événements survenus en Hongrie en 1956 achèvent d’officialiser le divorce entre Aimé CESAIRE et le Parti communiste. Le poète fonde alors le Parti progressiste martiniquais (PPM), avec lequel il va revendiquer l’autonomie de la Martinique. Siégeant a l’Assemblée Nationale comme non inscrit de 1958 à 1978, puis comme socialiste de 1978 à 1993, Aimé CESAIRE quitte son poste de maire de Fort-de-France en 2001.

Le fondateur du concept de “négritude” s’est éteint, le 17 avril 2008, en Martinique.

Ses principales œuvres sont les suivantes :Aimé Césaire

Cahier d’un retour au pays natal, Paris, Présence africaine, (1939 ; 1960) * Les Armes miraculeuses (1946 ; Paris, Gallimard, 1970) * Soleil cou coupé (1947 ; Paris, Editions K., 1948) * Corps perdu (gravures de Picasso), Paris, Editions Fragrance, (1950) * Ferrements, Paris, Seuil, (1960 ; 1991) * Cadastre, Paris, Seuil, (1961) * Moi, laminaire, Paris, Seuil, (1982) * La Poésie, Paris, Seuil, (1994) * Et les chiens se taisaient, Paris, Présence Africaine, 1958 ; 1997 * La Tragédie du roi Christophe, Paris, Présence Africaine, (1963 ; 1993) * Une saison au Congo, Paris, Seuil, (1966, 2001) * Une tempête, d’après ’La Tempête de William Shakespeare : adaptation pour un théâtre nègre), Paris, Seuil, (1969 ; 1997) * Esclavage et colonisation, Paris, Presses Universitaires de France, 1948. Réédition : Victor Schœlcher et l’abolition de l’esclavage, Lectoure, Editions Le Capucin, 2004. * Discours sur le colonialisme, Paris, Présence Africaine, 1955. * Discours sur la négritude, (1950) * Toussaint Louverture, La révolution Française et le problème colonial, Paris, Présence Africaine, (1962)